19 novembre 2014

Construire des tours en France - et notamment la Tour Triangle à Paris

Le lundi 17 novembre, le conseil de Paris a rejeté le projet de construction de la Tour Triangle à la porte de Versailles. Malgré l'importance des enjeux (architecturaux ou d'attractivité économique), le débat semble aujourd'hui se résumer à une bataille d'égos entre Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet.

vue du projet de Tour Triangle vers Issy-les-Moulineaux

Paris étouffe dans son périphérique, Paris étouffe dans son héritage. Cette tour aurait pourtant l'avantage de faire respirer Paris.

vue u projet de tour Triangle vers Paris et la Défense

Tout d'abord il faut ouvrir Paris vers la banlieue, vers la petite couronne en créant des symboles attirants, des lieux de vie et de travail aux portes de Paris, en se rapprochant ou au besoin en enjambant le périphérique:
  • le musée de la Villette
  • le tribunal de grande instance aux Batignolles et le parc Clichy-Batignolles
  • le ministère de la Défense à Balard
  • le nouveau cinéma étoile à la porte des Lilas (construit à cheval sur le périphérique)
  • l'université Paris Diderot dans le 13ème arr. (rénovation des grands moulins de Paris) et la ZAC Paris Rive Gauche
  • la ZAC Gare de Rungis en cours de développement
Ces bâtiments créent des lieux de vie et de travail dans des zones qui étaient précédemment considérées comme inhospitalières. Ces zones constituent les marges de Paris ainsi que les marges de la petite couronne. Elles permettent de faire communiquer Paris avec sa banlieue en créant des centres de gravité à cheval sur le périphérique qui attirent franciliens et parisiens et tissent un lien par-dessus le périph'. En offrant des équipements modernes et de qualité aux habitants de Paris et de la petite couronne, on peut espérer qu'un jour le périphérique ne soit plus une muraille infranchissable, mais une grande avenue urbaine ponctuée de ministères, lieux culturels, tours de bureaux, œuvres d'art et autres grands équipements.

Non seulement Paris doit se tourner vers la banlieue, mais Paris doit aussi se tourner vers le futur. Sans détruire son passé. Il est aujourd'hui quasiment impossible de construire un bâtiment moderne dans le centre de Paris, il n'y a qu'à voir les polémiques générées par le projet de rénovation / extension de la Samaritaine. Pour se renouveler et investir dans l'avenir sans toucher au bâti historique et protégé du centre-ville, Paris doit mieux exploiter ses marges (les zones proches du périphérique) et la verticalité (les tours).

Certes les projets de tours à Paris n'ont pas toujours été réussis, mais il suffit de voir les projets de gratte-ciels réussis à l'étranger (parfois par des architectes français) pour comprendre que les gratte-ciels fascinent et que l'urbanité verticale est possible sans forcément déboucher sur des cités HLM insalubres. Dans de nombreuses villes (New York, Hong-Kong, Singapour, Londres), les quartiers les plus verticaux sont les plus recherchés.


De plus, en augmentant ponctuellement la densité de population, les tours permettent, dans les centres urbains, de réduire les temps de transport. Si de plus les tours sont construites selon de strictes normes écologiques et de manière à consommer peu d'énergie (voire en produire), alors elles auront également un intérêt écologique.

De nombreuses personnalités de tous bords soutiennent le projet de Tour Triangle des architectes Herzog & de Meuron:

  • Daniel Cohn-Bendit
  • les architectes Renzo Piano, Jean Nouvel (vidéo ci-dessous) et Christian de Portzamparc
  • les maires d'Issy-les-Moulineaux (André Santini - UDI), Vanves (UDI), Boulogne-Billancourt (UMP) dans les Hauts-de-Seine
  • le maire de Cachan (PS) et du député Luc Carvounas (PS) dans le Val-de-Marne
  • le MEDEF Paris


Jean Nouvel : "La tour triangle est un immeuble... par franceinter


Il faut construire des gratte-ciel à Paris ! par Europe1fr

Pour soutenir ce beau projet d'avenir, vous pouvez signer la pétition ci-dessous:
http://tourtriangle.wesign.it/fr

Idées pour la France:

  • construire plus de tours à Paris sans détruire le patrimoine
  • construire plus de tours à Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, etc, sans détruire le patrimoine
  • construire des tours basse consommation, avec l'empreinte écologique la plus faible

16 septembre 2014

Croire en la France

En ces périodes de perte de confiance des Français en leur pays, en leur économie, en leur capacité à rebondir, l'article de Jacques-Antoine Granjon (Fondateur de vente-privee.com) redonne de l'espoir et permet de croire à nouveau en la France.

Cet entrepreneur insiste sur la nécessité de cesser le French-Bashing (dont nous avions parlé précédemment sur ce blog) et de reprendre confiance. La France a des atouts, elle doit savoir les cultiver et doit également chercher à se renforcer du côté de ses faiblesses.



Cet article très motivant, paru dans le Figaro le 13 septembre, a trois conclusions essentielles:

  • nous devons continuer à bien concevoir nos produits (ingéniosité, créativité française)
  • nous devons apprendre à mieux vendre nos produits
  • nous devons attirer les talents et aider les entrepreneurs (attractivité, compétitivité)
La première conclusion, la plus facile à réaliser, consiste à être conscients de nos qualités de créativité et d'ingéniosité et de continuer à les cultiver.
Le deuxième point consiste à comprendre qu'il ne suffit pas que le produit soit bien conçu (comme un Rafale ou un Concorde par exemple), il faut le vendre sinon ce sera un échec.
Le troisième objectif de la France pour Jacques-Antoine Granjon est sans doute le plus difficile à réaliser: réformer la France et son économie afin:

  • de retenir (voire attirer) les profils talentueux qui voient une herbe plus verte en Europe ou à l'étranger (l'Europe n'étant plus vraiment l'étranger)
  • de mieux aider les entrepreneurs et les PME


Et c'est effectivement ce dernier point qui est crucial. Nous devons enfin comprendre que l'économie est un écosystème, et non une lutte des classes. Les entreprises et les syndicats doivent absolument changer de paradigme et apprendre à coopérer afin d'avancer et de réformer ensemble. Il faut enfin réconcilier les travailleurs et les entrepreneurs et comprendre que les uns ont besoin des autres, et inversement. Si les entrepreneurs vont mal et ne créent pas d'emplois / d'entreprises en France, les travailleurs iront mal car le chômage continuera à augmenter. Et inversement, si les employés sont malheureux, cela se ressentira sur la productivité et la créativité.

Mais dans quel sens réformer pour aider à la fois les entrepreneurs et les travailleurs? Une unique réforme nationale ne pourra pas convenir à la diversité des situations (petites/grandes entreprises, start-ups, industrie manufacturière, services...). Comment rédiger une loi qui convienne à tout le monde, ne mécontente personne et s'adapte parfaitement à la diversité des contextes? Cette réforme doit donc se faire au niveau de chaque entreprise. Laissons les entreprises et les syndicats face à leurs responsabilités et laissons les négocier directement au niveau le plus fin (l'entreprise là où c'est possible, sinon la branche) afin de s'adapter au mieux à la variété qui caractérise l'économie française.

La négociation des salaires, des heures de travail (le soir, la nuit?), des jours de travail (le dimanche?), des lieux de travail (à domicile?) ne peut plus avoir lieu au niveau national. Ces discussions doivent avoir lieu au niveau le plus proche du salarié et du chef d'entreprise afin de mettre les deux face à leurs responsabilités et de les inciter à comprendre qu'ils doivent être solidaires l'un de l'autre et non en lutte l'un contre l'autre.

3 septembre 2014

Répondre à l'appel de MSF dénonçant l'inaction face à l'expansion d'Ebola

L'association humanitaire d'origine française Médecins Sans Frontières (MSF) est en première ligne face l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'ouest. Cette organisation a traité au cours des six derniers mois plus de deux tiers des personnes infectées par Ebola.


La communauté internationale se concentre actuellement sur les sujets, certes très importants, de l'Ukraine et de la Syrie, mais nous ne pouvons pas oublier cette épidémie en Afrique de l'ouest qui pourrait vite s'étendre.

L'épidémie a jusqu'ici touché quatre pays: le Liberia, la Guinée-Conakry, le Nigeria et la Sierra Leone. Les pays jouxtant les foyers de la maladie comme le Sénégal, le Mali et la Côte d'Ivoire, n'ont pour l'instant déclaré aucun cas Ebola sur leur sol.

 Carte des pays d’Afrique de l’Ouest touchés par l’épidémie d’Ebola : nombre de cas détectés et de personnes décédées, selon le dernier bilan de l'OMS, en date du 16 août 2014 (AFP)
Carte des pays d’Afrique de l’Ouest touchés par l’épidémie d’Ebola : nombre de cas détectés et de personnes décédées, selon le dernier bilan de l'OMS, en date du 16 août 2014 (AFP)

L'association humanitaire dénonce dans un communiqué l'inaction des gouvernements à fournir des moyens de lutter contre cette grave épidémie et indique clairement quel type d'aide pourrait se révéler utile dans l'immédiat:
De nombreux pays disposent de mécanismes de réponse face à un risque biologique, et notamment d’équipes médicales civiles ou militaires qu’il serait possible de déployer en quelques jours, de manière organisée, et avec une chaîne de commandement capable d’assurer des normes élevées de sécurité et d'efficacité.

La France, en tant que pays d'origine de MSF et en tant puissance influente en Afrique de l'ouest se doit de répondre à l'appel de MSF, l'organisation la plus active dans la région, en première ligne face au virus. La France peut et doit répondre avec des fonds, du personnel médical, du matériel et des moyens logistiques de manière urgente afin de stopper la progression de cette épidémie.

MàJ 16 septembre 2014:

Le groupe Magic System, originaire de Côte d'Ivoire (pays limitrophe de la Guinée et du Liberia) appelle aussi à soutenir les victimes d'Ebola:


MàJ 19 septembre 2014

La France répond à l'appel de MSF et annonce l'installation d'un hôpital en Guinée forestière. Cet hôpital sera déployé et géré par le ministère de la Défense:

7 juin 2014

Réduire drastiquement l'usage du diesel en France

La France est mal classée en Europe pour ce qui concerne la pollution atmosphérique. Sur les 100 plus grandes villes européennes, seule une ville française est dans la moitié la moins polluée: Toulouse en 47ème position. Paris est en bas du classement (n°84/100), et Marseille ferme quasiment la marche (n°94/100) avec 200 jours par an de dépassement des seuils sanitaires de particules fines (PM10), de dioxyde d'azote (NO2) et d'ozone (O3).

Classement de la qualité de l’air en Europe – les 100 plus grandes villes

Classement de la qualité de l’air en Europe – les 100 plus grandes villes


Ce classement, réalisé par l'association Respire et publié dans WE Demain, n'est pas flatteur pour la France. D'autant plus que c'est par un choix (industriel) que cette pollution est élevée. En effet, la France soutient ses constructeurs qui sont des spécialistes de la motorisation diesel (notamment PSA). Et personne ne le résume aussi bien qu'Arnaud Montebourg en mars dernier:
"Attaquer le diesel c'est attaquer le made in France"

Or selon une étude d'Airparif de mai 2013, le transport routier est responsable en Île-de-France:

  • de 55% des émissions d'oxydes d'azote (NOx)
  • de 25% des émissions de particules (PM10)
  • de 27% des gaz à effet de serre (GES)
Et pour la part des transports routiers au diesel dans la totalité des émissions de polluants en Île-de-France cela donne:

  • de 50% des émissions d'oxydes d'azote (NOx)
  • de 16% des émissions de particules (PM10)
  • de 21% des gaz à effet de serre (GES)

Pollution au diesel en IdF
Part des émissions en IdF NOx PM10 GES
Part du transport routier 55% 25% 27%
Bus et cars - diesel 11% 3% 5%
Poids lourds - diesel 30% 7% 16%
Véhicules utilitaires - diesel 16% 19% 17%
Véhicules particuliers - diesel 34% 33% 39%
Part diesel / émissions transport routier 91% 62% 77%
Part diesel / total émissions 50,1% 15,5% 20,8%

On voit donc clairement qu'inciter (fiscalement? légalement?) les constructeurs automobiles français à investir dans des technologies de motorisation hybride et/ou électrique serait non seulement un projet industriel innovant, mais également une mesure de santé publique vitale.

La deuxième étape serait ensuite d'inciter les consommateurs:
  • à se détourner de la motorisation diesel
  • à réduire leurs trajets automobiles

Idée pour La France:
  • arrêter d'investir dans la motorisation diesel
  • inciter les consommateurs à se détourner des véhicules polluants et réduire leur trajets
  • investir dans la R&D de motorisations hybride et/ou électrique

7 mai 2014

Les plus grands festivals de France (et de Navarre) par région

L'IRMA (Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles) publie chaque année des données sur les festivals et leur fréquentation. En choisissant le festival ayant la plus grosse fréquentation dans chaque région, on obtient la carte suivante:


Les plus grands festivals de France par région
Fond de carte: Université d'Aix-Marseille

Les données récupérées essentiellement sur le site de l'IRMA (mais aussi Télérama et les sites des festivals):

D'autres infos sur les festivals:



.Si vous avez des données concernant les festivals des régions suivantes, merci de les envoyer, la carte sera modifiée en conséquence:

  • Guadeloupe
  • Guyane
  • Picardie
  • Bourgogne




Découvrir d'autres idées pour la France

Arrêter la riziculture conventionnelle en Camargue

La riziculture en Camargue est très fortement dépendante des subventions de la PAC. En effet la plupart des agriculteurs de la région estiment qu'entre 40% et 50% de leurs revenus proviennent de subventions.

Cette production de riz en concurrence avec le riz d'Asie est-elle durable? A-t-elle un intérêt?

  • Écologique?: on peut en douter vu l'utilisation de produits phytosanitaires (sauf pour les exploitations bio)
  • Economique?: si l'activité est autant subventionnée, elle n'est pas rentable et n'a donc pas d'intérêt économique à long terme
  • Social?: oui l'intérêt est là, maintenir les emplois des riziculteurs de Camargue
Afin que ces emplois soient préservés, les agriculteurs en question devraient plutôt se réorienter vers:
  • une riziculture innovante: riz rouge, brun ou noir, qui peut être vendu plus cher aux gastronomes, rien ne sert de concurrencer frontalement le riz Basmati d'Asie, il faut s'en démarquer
  • une riziculture bio: les rendements baissent modérément de 5,7 tonnes/ha à 4 tonnes/ha, mais on économise sur les produits phytosanitaires qui sont remplacés par des canards et on peut vendre ce riz plus cher
  • d'autres cultures: tomates: pommes de terre, colza...


Actuellement 12.000 ha de riz sont cultivés en Camargue (contre 20.000 un an plus tôt), à raison de 560 € de subventions de la PAC par hectare, cela fait 6,72 millions d'€ distribués chaque année!
Et ce chiffre est en baisse par rapport à l'année dernière: où 800 €/ha étaient distribués.

Ces 6,7 millions d'€ sont à répartir parmi 230 riziculteurs, soit 29.217 € par riziculteur. De nombreux français ne gagnent même pas ce salaire en un an.

Idées pour la France:
  • Continuer à baisser les subventions pour le riz de Camargue
  • Inciter les riziculteurs à se reconvertir dans la riziculture bio ou à défaut dans la riziculture innovante

30 avril 2014

S'intéresser à l'éléction du président de la commission européene

Le lundi 28 avril 2014 a eu lieu à Maastricht le premier débat entre candidats à la présidence de la commission européenne. Le déficit de démocratie qui a souvent été reproché à l'Union Européenne et le manque de représentativité de la Commission Européenne semblent de plus en plus appartenir au passé. C'est une très bonne nouvelle. Et pourtant ce débat n'a pas eu beaucoup de retentissement médiatique en France.

Utilisation du mot-dièse #EUDebate2014
Source: Euractiv

La couverture médiatique de ce premier débat des candidats à la présidence de la Commission a été faible en France. Le débat a été retransmis sur Euronews (chaîne française basée à Lyon), mais sur aucune chaîne généraliste en France. Le prochain débat aura lieu avec la totalité des cinq candidats le 15 mai:

  • Martin Schulz, PSE (Parti Socialiste Européen)
  • Jean-Claude Juncker, PPE (Parti Populaire Européen - droite)
  • Guy Verhofstadt, ALDE (Libéraux-Démocrates)
  • Alexis Tsipras, (gauche anticapitaliste) => absent lors du premier débat le 28 avril
  • José Bové ou Ska Keller (Verts Européens)

Et il n'est pas non plus prévu de diffuser ce second grand débat sur une chaîne du groupe France Télévisions. Le déficit démocratique n'est pas ici du côté des institutions européennes, mais du côté des médias qui ne retransmettent pas un débat fondateur de la construction démocratique de l'Europe. Une tribune signée par de nombreuses personnalités politiques françaises appelle d'ailleurs à diffuser ce débat en direct.

Le futur président de la commission européenne sera élu par le Parlement au sein du parti arrivé en tête aux élections européennes de mai 2014. Les citoyens français ne doivent pas passer à côté d'un débat extrêmement important pour la construction européenne. Et surtout ils ne doivent pas en vouloir à l'Europe s'ils ne sont pas assez informés à son sujet, ils doivent en vouloir à leurs médias.

Idées pour la France:

  • s'éveiller à la vie démocratique européenne (élections, débats, institutions, directives, groupes de pression...)
  • suivre (sur internet ou à la télévision) le débat des candidats à la présidence de la Commission Européenne le 15 mai

24 avril 2014

Rejet par le Canada de l'extension du plateau continental à St-Pierre-et-Miquelon

Suite à l'article de blog du 10/04/2014 "Étendre le plateau continental de la France", une mise à jour s'impose: en effet, le Canada a fait savoir à l'AFP : 
"le Canada estime que la France n'a droit à aucune zone maritime, ni même à un plateau continental étendu, allant au-delà de ce qui lui a été accordé par arbitrage en 1992 à l'égard de Saint-Pierre-et-Miquelon"
Cette réaction d'Ian Trites, porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères canadien, vient après le dépôt, le mercredi 16 avril 2014, du dossier définitif de demande d’extension de son plateau continental au large de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Tant que la France et le Canada ne se mettront pas d'accord sur ces extensions de plateau continental, aucun des deux pays ne sera en mesure de faire valoir ces droits souverains sur ces zones sous-marines. Il ne reste donc plus qu'à négocier avec le Canada pour faire valoir nos droits. Cela risque d'être long...


Réaction au dépôt du dossier de demande d’extension de la députée de Saint-Pierre-et-Miquelon Annick Girardin sur son blog et en vidéo:




Voir également l'article des Echos à ce sujet.

Idées pour la France:
  • négocier avec le Canada pour faire valoir nos droits maritimes autour de Saint-Pierre-et-Miquelon

23 avril 2014

Développer fortement l'économie polynésienne

Les 50 mesures du plan de relance présenté le 16 avril 2014 par le vice-président de la Polynésie Française Nuihau Laurey :

  • http://www.tahiti-infos.com/Les-50-mesures-du-plan-de-relance-dans-le-detail_a99171.html


Les plus intéressantes idées pour la Polynésie Française:

  • Tourisme et transport aérien:
    • Mesure 11: Sites touristiques : Mise en œuvre d’un programme d’aménagement de nos principaux sites touristiques (trois cascades, Pointe Vénus, trou du souffleur) et réhabilitation ou création de sites culturels, de loisirs et d’écotourisme (écomusée Arahurahu (culture), domaine d’Opunohu (écotourisme et tourisme culturel), mémorial américain à Bora Bora, Musée Gauguin, Jardin Botanique, centre culturel de Vaiami). 
    • Mesure 14: Création d’un aérodrome de dégagement permettant de sécuriser les lignes existantes et de réduire le coût d’accès à la Polynésie française, et susceptible de devenir un nouveau point d’entrée. 
    • Mesure 17: Plaisance de luxe : Mesures incitatives en faveur du tourisme nautique avec l’augmentation de la durée du régime des admissions temporaires (passage de 18 à 36 mois), la suppression du délai de carence, une fiscalité allégée lors de la mise à la consommation des navires et l’aménagement des escales dans les îles principales de la Polynésie française (quais de Paopao, Papetoai, Bora, Fakarava). 
    • Mesure 18: Instauration de mesures fiscales incitatives visant à créer une zone franche dans l’archipel des Tuamotu Gambier pour le développement de grands projets aquacoles. 
    • Mesure 19  Valorisation de l’ensemble des filières aquacoles prenant en compte la nature et la quantité de la ressource, les débouchés commerciaux locaux et à l’exportation et les modalités de préservation et de gestion durable de la ressource (bénitiers, holothuries). 
  • Secteur de la mer:
    • Mesure 18: Instauration de mesures fiscales incitatives visant à créer une zone franche dans l’archipel des Tuamotu Gambier pour le développement de grands projets aquacoles. 
    • Mesure 19: Valorisation de l’ensemble des filières aquacoles prenant en compte la nature et la quantité de la ressource, les débouchés commerciaux locaux et à l’exportation et les modalités de préservation et de gestion durable de la ressource (bénitiers, holothuries). 
  • Environnement
    • Mesure 29: Mesures incitatives en faveur de l’équipement écologique des logements (chauffe-eaux solaires, panneaux photovoltaïques, cuves de rétention des eaux pluviales, équipements électriques basse consommation, système de capteurs de mouvements, double vitrages). 
    • Mesure 30: Définition d’un label polynésien de la construction HQE en partenariat avec la CCISM et les professionnels du secteur de la construction et obligation pour les services et établissements publics de réaliser une étude technique de développement durable dans le cadre de tous les projets de constructions neuves. 

Le document complet est disponible ici :


21 avril 2014

Démultiplier l'action extérieure de la France avec les coopérations décentralisées

Discusssion avec le Ministère des Affaires Etrangères (@francediplo) sur Twitter au sujet de l'AECT (action extérieure des collectivités territoriales):


Plus d'informations sur les coopérations décentralisées dans l'infographie suivante sur le site du MAE (18 exemples récents ou anciens de coopérations entre une région ou une ville française et une région ou une ville étrangère):

La coopération décentralisée

Idées pour la France:

  • soutenir les coopérations décentralisées afin de démultiplier l'action extérieure de la France
  • soutenir les coopérations décentralisées afin d'inscrire dans le long terme l'action extérieure de la France

17 avril 2014

Créer des "îles à compost"

Une agence d'architectes new-yorkais vient de proposer de construire des "îles flottantes" autour de New-York qui permettraient de récolter les déchets organiques de la ville (déchets alimentaires, feuilles mortes...) afin de les composter.
Projet Green Loop - Cabinet PRESENT Architecture

L'intérêt principal serait de réduire drastiquement les distances de transport de ces déchets en implantant un réseau d'une dizaine d'îles flottantes réparties à travers l'agglomération.

Projet Green Loop - Cabinet PRESENT Architecture
Projet Green Loop - Cabinet PRESENT Architecture


Pourquoi ne pas mettre en place une déclinaison locale de ce projet en France?

A Paris, cela pourrait se faire au-dessus du faisceau ferroviaire de la Gare de Lyon, afin de créer une continuité verte du Bois de Vincennes jusqu'à la Seine. De nombreux projets sont effectivement en concurrence en ce moment pour l'aménagement de la zone "Bercy-Charenton" (peut-être que cette effervescence de projets va retomber maintenant que les municipales sont passées).

En banlieue, cela pourrait se faire sur les toits des grandes surfaces, des hypermarchés. On aurait un triple intérêt à faire cela:

  • les centrales de compost produisent de la chaleur, qui pourrait être réutilisée dans la grande surface
  • la centrale de compost serait à proximité d'un important producteur de déchets organiques (les hypermarchés et les restaurants qui y sont accolés)
  • ces installations sont déjà aménagées afin de recevoir un trafic de poids-lourds
Ce serait un juste retour des choses, les aliments de l'agriculteur à l'hypermarché et le compost de l'hypermarché vers le champ.


Pensez-vous à d'autres endroits où l'on pourrait installer ces "îles à compost"?

Idées pour la France:

  • Systématiser le tri des déchets organiques
  • Installer des centrales à compost dans des endroits potentiellement innovants


Dénoncer le pouvoir algérien qui s'accroche et soutenir le peuple algérien qui souffre

Afin d'éviter de reproduire les erreurs de la France en 2011 lors de son soutien à la Tunisie de Ben Ali (la ministre des affaires étrangères de l'époque propose le savoir-faire français en matière de répression des manifestations du Printemps Arabe), nous devons dès aujourd'hui désavouer le régime algérien à bout de souffle.


ALLIOT-MARIE propose d'aider la Tunisie dans la... par SuperBeurkMan

Sans nous immiscer dans les affaires intérieures algériennes, nous devons indiquer que le peuple algérien doit pouvoir choisir son président en toute liberté et qu'en aucun cas les manifestations du mouvement Barakat ("ça suffit") ne doivent être réprimées comme elles le sont actuellement.

Le quatrième mandat d'Abdelaziz Bouteflika sera sans doute celui de trop. Nous ne pouvons pas continuer à être du côté des puissants contre le peuple. La France se targue, de manière complètement injustifiée, d'être la patrie des droits de l'homme: qu'elle le prouve, qu'elle vive cet idéal, qu'elle agisse de manière cohérente avec ses principes!

Lorsque Bouteflika est arrivé au pouvoir il y a 15 ans (!!), le nombre de mandats présidentiels était limité à deux. Après une modification constitutionnelle, il s'est représenté pour une troisième fois en 2009. La France peut certes soigner un homme d'état victime d'un AVC (hospitalisé 80 jours au Val-de-Grâce en début 2014), mais le soutien doit s'arrêter au domaine médical.

Le silence actuel de la diplomatie française vis-à-vis des répressions de manifestations et des élections probablement truquées (comme le rappelle cet article d'El-Watan) s'apparente à un soutien du pouvoir en place.

Idées pour la France:

  • ne plus soutenir les régimes en place qui ne respectent pas le droit de manifester
  • réclamer clairement des élections transparentes en Algérie

10 avril 2014

Étendre le plateau continental de la France

Depuis la ratification en 1996 du traité de Montego Bay (signé en 1982), la France peut demander à étendre la zone côtière qu'elle contrôle et exploite au-delà de l'actuelle Zone Economique Exclusive (ZEE) limité à 200 miles des côtes.

Ces travaux ont été décidés en 1998 mais sont extrêmement chers. Mais ils devraient permettre à la France d'étendre son domaine maritime (actuellement le deuxième au monde avec 11 millions de km², derrière les Etats-Unis avec 11,3 millions de km²) de près de 2 millions de km² (soit +18%).

C'est le programme national Extraplac qui est en charge de documenter et soumettre les demandes de revendication de la France auprès d'une agence de l'ONU, la Commission des Limites du Plateau Continental (CLPC).

Relevé 3D du plateau continental au large de la Guyane (projet EXTRAPLAC)


Les ressources potentielles qui pourraient se trouver dans cette extension du plateau continental juridique sont essentiellement:
  • énergétiques (hydrocarbures, gaz, hydrates de gaz)
  • et minérales (sulfures hydrothermaux, encroûtements cobaltifères, nodules polymétalliques, terres rares)

La plupart des extensions potentielles du plateau continental pouvant être revendiquées par la France sont partagées avec d'autres pays:
Zones économiques exclusives et l'avancement de leur dossier d'extension du plateau continental
sources: extraplac.fr, lemonde.fr, lefigaro.fr, CLPC

Cette opportunité est à saisir pour la France entière, mais plus particulièrement pour les territoires ultra-marins, comme l'a fait remarquer le ministre Victorin Lurel le 4 février 2014. Il reconnaît l'importance de ces enjeux et donne des dates pour le dépôt des dossiers manquants:
« Les derniers dossiers que le Gouvernement français entend déposer sont relatifs à Saint-Pierre-et-Miquelon et à la Polynésie française. Ils seront déposés respectivement au printemps 2014 et courant 2015. Concernant Saint Pierre et Miquelon, je mesure l’intensité des attentes de nos concitoyens de l’archipel. »

Le Conseil Economique, Social et Environnemental s'est prononcé en octobre 2013 pour que la France finalise le programme Extraplac afin que tous les dossiers puissent aboutir, mais aussi pour que la France se montre exemplaire dans la gestion de ces nouveaux espaces marins qui seront à sa charge.


Une fois ces territoires revendiqués, la prochaine étape sera de mieux connaître ces fonds marins et les ressources qui s'y trouvent afin de savoir s'ils peuvent être exploités ou s'ils doivent être protégés.

Idées pour la France:

  • finaliser les dossiers d'extension du plateau continental
  • mieux étudier ces fonds marins et les ressources qui s'y trouvent
  • impliquer les territoires ultra-marins dans l'exploration des fonds marins et dans les décisions au sujet de leur exploitation ou leur protection

mise à jour du blog à ce sujet le 24 avril:
Rejet par le Canada de l'extension du plateau continental à St-Pierre-et-Miquelon

3 avril 2014

Afin d'avancer vers une politique étrangère commune en Europe, divisons les zones d'influence

Afin de ne pas multiplier les sons de cloche et afin de présenter un front diplomatique uni et puissant, l'Europe doit coordonner sa PESC (politiques étrangère et de sécurité communes).

Sur le dossier Ukrainien, les britanniques et les français se sont largement exprimés, mais c'est bien les allemands qui sont sur le devant de la scène et ont le plus de légitimité à s'exprimer:

L'Allemagne pourrait être, avec la Pologne, le pont diplomatique entre l'UE et la sphère d'influence Russe. Les autres puissances diplomatiques européennes devraient venir uniquement en soutien sur le sujet de l'Ukraine, pour appuyer le travail du leader allemand (sur ce dossier).

Les pays européens, de par leur histoire (surtout coloniale, mais aussi celle des migrations), ont plus ou moins de légitimité à intervenir dans certaines situations. Il faut choisir un chef de file pour chaque zone et les autres pays doivent lui apporter leur soutien, sans rompre les rangs. De manière analogue à la situation ukrainienne on pourrait dès lors imaginer:
  • que l'Espagne, avec le Portugal, en soutien pourrait s'occuper des problématiques diplomatiques liées à l'Amérique du sud et l'Amérique centrale
  • que la Suède et le Danemark prennent l'initiative diplomatique pour toutes les régions arctiques et antarctiques
  • que la France, avec la Belgique en soutien, s'occupe de l'Afrique (y compris du Nigéria et de l'Afrique du Sud) et du Proche-Orient
  • que le Royaume-Uni s'occupe des liens avec l'Amérique du Nord, le sous-continent Indien, l'ASEAN, l'Australie et la Nouvelle-Zélande
  • que l'Allemagne de par sa puissance économique d'exportateur mondial s'occupe également des liens avec la Chine
Proposition de partage de la diplomatie extérieure de l'UE
Proposition de partage de la diplomatie extérieure de l'UE

Source du fond de carte (sans couleurs): Université Aix-Marseille

A partir de ce "partage diplomatique des tâches", l'UE pourrait devenir plus efficace et parler d'une seule voix. On pourrait même imaginer dans un second temps que les ambassades nationales disparaissent au profit d'une ambassade commune de l'UE, ambassade qui serait gérée en fonction du "partage" détaillé ci-dessus.

Pour ce faire, certains pays doivent renoncer à des zones historiques d'influence: la France au Québec et au Viêt-Nam/Laos/Cambodge (dans une moindre mesure), la Grande-Bretagne au Nigéria et en Afrique du Sud.

Deux problématiques ne sont pas réglées par le partage proposé ci-dessus:

  • Quels pays prendraient en charge les relations diplomatiques avec:
    • les Caraïbes
    • l'Iran et l'Afghanistan
    • le Japon et la Corée
    • les îles du Pacifique?
  • Les Pays-Bas et l'Italie (pays diplomatiquement actifs) n'ont pas de zone d'influence dans le cadre de ce partage.

Ce partage est sans doute très imparfait et devra sans doute (si jamais il est implémenté) faire l'objet de longues et douloureuses négociations. Ce n'est qu'une proposition de partage, je suis certain que d'autres ont des idées ou des commentaires pour amender (ou refaire entièrement) cette carte.
Mais l'idée derrière ce partage est d'éviter les doublons et d'indiquer que certains pays devront renoncer à certaines zones afin d'éviter les couacs et d'accroître l'action de l'Union Européenne à l'étranger.


De manière similaire, on pourrait envisager des zones de compétences particulières en fonctions des secteurs dans le cadre de négociations internationales ou d'affaires particulières (comme la récente recherche du vol MH370 autour de la Malaisie):

  • une compétence de la France en termes d'aéronautique et de spatial (le BEA - Bureau Enquête Accidents et le CNES prendraient les devants en cas d'actualité internationale)
  • une compétence du Royaume-Uni en termes de transport maritime et de plate-formes off-shore (homologation de bateaux et intervention en cas de marée noire hors de l'UE)
  • une compétence de l'Allemagne au niveau international dans le secteur ferroviaire (négociation sur l'harmonisation de la signalisation avec l'Europe de l'Est et la Russie par exemple)
Plutôt que de créer des doublons, donnons mandat à une des agences nationales existantes dans chaque secteur pour gérer et orienter la stratégie européenne dans ce secteur à l'extérieur des frontières de l'Union.


Idées pour la France et l'Europe:

  • Négocier un partage des zones d'influence diplomatique
  • Réduire le nombre d’ambassades européennes à l'étranger en les mutualisant derrière un unique "chef de file" (et éventuellement une deuxième ambassade en soutien)
  • donner mandat à une agence nationale par secteur pour organiser cette filière à l'extérieur de l'UE

27 mars 2014

Accueillons et protégeons les trublions d'aujourd'hui, les héros de demain

Accueillons et protégeons ceux qui dérangent, ceux qui questionnent, ceux qui manifestent:


Il ne s'agit pas ici de demander à verser des subventions à ces associations, à ces personnes, ce n'est pas à l'état de subventionner de telles associations (Femen n'est pas subventionné par des organismes publics français, contrairement à certaines rumeurs persistantes), mais aux citoyens s'ils le souhaitent.

Il s'agit d'accueillir et de protéger ceux qui dérangent, ceux qui dénoncent. Et de leur laisser la possibilité de s'exprimer et de continuer à dénoncer en leur offrant l'asile politique.

La France a eu dans le passé une réputation de patrie des droits de l'homme et a eu une image de refuge pour les opposants, pour les opprimés, pour ceux qu'on cherche à faire taire. Voici quelques réfugiés célèbres ayant été accueillis par la France au XXème siècle:

  • Marc Chagall
  • Jules Dassin (père de Jo)
  • Rudolf Noureev
  • Milan Kundera

La France peut renouer avec cette tradition, elle est actuellement le deuxième pays européen en terme d'accueil de demande d'asile alors que le nombre de demandes augmente fortement au niveau mondial. Mais elle n'accueille que très peu de réfugiés irakiens, lybiens, syriens et afghans, alors qu'elle a pris part à certains de ces conflits et est donc en partie responsable du déplacement de ces personnes.

En contrepartie de cet accueil toutefois, l'éloignement à la frontière de ceux qui sont déboutés du droit d'asile doit être mieux appliqué: de nombreux déboutés du droit d'asile restent sur le territoire en situation irrégulière (rapport sur la réforme l'asile).

Idées pour la France:

  • accueillir plus d'opposants, plus de dénonciateurs, plus d'opprimés
  • être intraitable avec les déboutés du droit d'asile (suite au rejet de leur appel)
  • répartir l'effort d'accueil sur tout le territoire

20 mars 2014

Devenir les spécialistes européens de l'abattage rituel

Les Danois ont de facto interdit le 17 février l'abattage rituel (hallal ou casher) en obligeant à assommer l'animal avant de l'abattre. Les Britanniques parlent actuellement de mettre en place cette obligation d'assommer l'animal.

Pourtant la liberté de pratiquer sa religion est un droit essentiel inscrit dans la convention européenne des droits de l'homme. Le respect de ce droit, y compris pour "les pratiques et l'accomplissement de rites" et ne peut-être limité que par des impératifs liés "à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui".


Article 9 – Liberté de pensée, de conscience et de religion
  1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.
  2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.
Le bœuf écorché - Rembrandt
Le bœuf écorché - Rembrandt

L’abattage rituel (en plus du Danemark et du Royaume-Uni) est d'ores et déjà interdit en Pologne, au Liechtenstein, en Islande, Norvège, Suède et en Suisse.Le nombre de pays européens interdisant l'abattage rituel augmente fortement. Quelles solutions reste-t-il aux musulmans ou juifs pratiquants européens souhaitant respecter leurs traditions alimentaires?

Avec une filière professionnelle, contrôlée, un étiquetage clair et une traçabilité exemplaire, on permet le respect des croyances (ceux qui veulent manger hallal le peuvent, ceux qui ne le veulent pas le peuvent également) tout en informant le consommateur (et donc en respectant le dernier point de la loi: "la protection des droits et libertés d'autrui").
L'enjeu est de pouvoir choisir son alimentation en fonction d'une traçabilité irréprochable et d'un étiquetage évident. Si ces deux impératifs sont respectés, alors, oui, développons en France les abattoirs répondant aux normes rituelles afin de répondre aux demandes croissantes:

  • du marché français
  • du marché européen
  • du marché mondial

Il est important de pouvoir proposer à tous des aliments de qualité, produits à proximité et dans le respect de l'environnement (agriculture raisonnée, agriculture biologique). Ces aliments de qualité (sans OGM, sans hormones) ne doivent pas être réservés à une frange "de souche" de la population.

La France est un leader dans le domaine agricole, surtout pour la production de qualité. Elle peut le rester, notamment:
  • en proposant un diversité de produits agro-alimentaires de qualité pour répondre à une diversité de la demande

Les marques les plus dynamiques en France selon leur région d'origine

L'institut TNS-Sofres a publié les résultats d'une étude sur les marques les plus dynamiques en France.
Sur les 270 marques étudiées, plus de la moitié (167) sont françaises ou d'origine française.
Voici les marques les plus dynamiques pour chacune de leurs régions d'origine:

Marques les plus dynamiques de France par région d'origine


Fond de carte: Université d'Aix-Marseille

Analyse de cette étude dans un article des Echos du 24/10/2013.

Les régions de Guyane, Nouvelle-Calédonie et Guadeloupe n'ont pas de marque présente dans les résultats de l'étude.

Découvrir d'autres idées pour la France

17 mars 2014

Lire Michel Serres

Pour comprendre le monde et ses mutations (victoire d'Hermès, dieu des messagers, sur Prométhée, dieu de l'industrie; importance de l'enjeu environnemental), il faut lire et relire Michel Serres, clairvoyant et éclectique philosophe, auteur notamment de:

  • la Communication (1969)
  • la Traduction (1974)
  • Rome, le livre des fondations (1983)
  • les Cinq Sens (1985)
  • le Contrat naturel (1990)
  • le Tiers instruit (1991)
  • Variations sur le Corps (1999)
  • Hominescence (2001)
Michel Serres - le contrat naturel
Le contrat naturel

Son nouvel ouvrage, Pantopie, (article sur cet ouvrage paru dans Télérama le 14.03.2014) décrit les principaux personnages de ses œuvres. Des personnages qui incarnent les concepts qu'il développe.

13 mars 2014

Légitimer l'économie collaborative

L'économie collaborative est un secteur nouveau en pleine croissance et dans lequel la France a des atouts dans cette nouvelle économie:
  • sensibilité au concept de la solidarité
  • maturité des usages numériques
  • crise prolongée qui impose de chercher des moyens d'entraide, de nouvelles manières de consommer moins cher et mieux
Qu'est-ce que l'économie collaborative?:
L'économie collaborative vise à produire de la valeur en commun et repose sur de nouvelles formes d'organisation du travail. Elle s'appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des espaces et des outils et  l'organisation des citoyen en "réseau" ou en communauté.
(source Wikipédia)

(source: magazine OuiShare)

Dans économie collaborative, on comprend donc:

  • des façons de se loger (colocation, habitat collectif, couchsurfing...)
  • des façons de se déplacer (covoiturage)
  • des façons de se nourrir (AMAP)
  • des façons de produire (Fablabs, impression en 3D, bricolage...)
  • des façons de se financer (crowd-funding, prêt P2P....)
  • des façons d'apprendre, de s'informer (creative commons, open data, open education...)
L'ère de l'achat et de la possession arrive peut-être à sa fin et sera remplacée par l'ère de l'accès et du partage. J'aime particulièrement l’exemple de la perceuse dans la vidéo suivante: votre perceuse sera utilisée en tout 12min dans sa vie. Si l'économie collaborative permet d'acheter une perceuse pour 100 personnes en la partageant, cette perceuse sera bien mieux utilisée (une vingtaine d'heures). C'est sans doute un des meilleurs exemples du "consommer moins pour consommer mieux".

Explication en vidéo:

(source: le blog de la consommation collaborative)

Pourquoi la France devrait-elle agir (d'un point de vue législatif et d'un point éducatif) pour légitimer ce mode de production et de consommation? Tout est dans cette tribune publiée dans le Monde du 6 mars 2014, il n'y a pas grand-chose à ajouter.

Trois belles idées se trouvent à la fin de ce texte signé par des acteurs français de l'économie collaborative (les fondateurs / dirigeants de OuiShare, Blablacar, FaberNovel, La Ruchue qui dit oui, KissKissBankBank,....):

  • aider les start-ups françaises à se développer à l'international
  • faire la promotion de et enseigner l'économie collaborative
  • supprimer les freins législatifs au développement de l'économie collaborative

Découvrir d'autres idées pour la France

7 mars 2014

Les idées de demain sont déjà là

Quel monde va-t-on léguer à nos enfants? Les solutions sont souvent déjà là (on essaie de les identifier dans ce blog), sont déjà présentes, sont déjà mises en oeuvre. Il faut s'inspirer des idées déjà appliquées, en parler, les faire circuler, les appliquer ailleurs, les améliorer....

Un beau projet de film de Cyril Dion et Mélanie Laurent:


DEMAIN Interview de Mélanie Laurent et Cyril Dion from DEMAIN FILM on Vimeo.

Idées pour la France:

  • s'inspirer des idées qui réussissent
  • se demander pourquoi elles ne sont pas encore appliquées en France
  • parler de ces idées
  • améliorer ces idées

5 mars 2014

Thèse, antithèse, mais ne surtout pas oublier la synthèse !

La France, contrairement à d'autres pays, a un esprit critique fort. Cette capacité à analyser et critiquer ce qui nous est présenté pour vrai nous est probablement transmise via l'éducation nationale et son goût pour les dissertations et la philosophie. C'est un grand atout. Cela permet de remettre en cause ce qu'on nous sert, ce qu'on nous affirme. Cela impose de confronter les sources et de mettre en regard les différentes thèses. Dans l'ère de l'information à outrance, il est essentiel de conserver l'esprit critique français et donc de conserver la vivacité du débat qui existe aujourd'hui en France sur tous les sujets.


Toutefois il est essentiel de ne pas oublier la phase de synthèse (trouver un compromis, trouver une solution) et surtout il est vital d'arriver à passer à la phase d'action qui fait trop souvent défaut. L'inaction, le statu quo, la paralysie est trop souvent la solution choisie (par absence de choix, absence de décision) en France.
La phase d'action qui doit suivre un débat manque. Et donc manque également la phase d'évaluation de l'action afin de déterminer si l'action a atteint les objectifs et comment il est possible de corriger le tir (si nécessaire).

Exemple 1:
  1. Le gouvernement souhaite mettre en place une éco-taxe,
  2. Les Bretons (les bonnets rouges) se soulèvent et empêchent la mise en place de l'éco-taxe sur tout le territoire,
  3. Ensuite que fait-on? On met en place l'éco-taxe telle quelle et malgré les protestations? On la supprime carrément (et on condamne par là-même, selon France Info, une centaine de projets de transports en commun sur tout le territoire)? Ou on aménage l'éco-taxe?

Exemple 2:
  1. Le MEDEF demande la suppression du statut des intermittents,
  2. Les syndicats crient au scandale et s'y opposent fermement,
  3. Ensuite que fait-on? On supprime le statut particulier? On le conserve tel quel? Ou on le réforme en évoquant le sujet autour d'une table?

Exemple 3:
  1. Les VTC souhaitent entrer sur le marché de la réservation de voitures afin de répondre à une forte demande des consommateurs (en particulier parisiens)
  2. Les taxis souhaitent interdire les VTC (ou grandement limiter leur action) afin de préserver leur monopole sur la maraude
  3. Que fait-on? On laisse les VTC travailler sans limite? On interdit les VTC et on maintient le statu quo sur le nombre de licences de taxi à Paris? Personne n'est réellement satisfait de la situation actuelle à Paris: les taxis trouvent les licences trop chères et difficiles à rentabiliser, les consommateurs trouvent qu'il n'y a pas assez des taxis et les VTC ne comprennent pas qu'on ne les laisse pas entrer sur un marché où il y a une forte demande. Alors, on reste immobiles? On attend que ça passe? On attend que ça pète?


Personne n'a de solution toute faite à proposer aux trois problèmes ci-dessus. La solution est peut-être la thèse A dans certains cas, ou l'antithèse B dans d'autres. La solution sera dans la plupart des cas un compromis entre A et B (plus ou moins proche de A ou de B). Mais en tout état de cause ce qu'il faut absolument dénoncer c'est l'immobilisme. Le danger de la paralysie nous guette à chaque fois qu'un débat prend un peu d'ampleur en France.

Aucune solution aux trois problèmes cités ci-dessus n'est parfaite, d'autant plus que l'avenir nous révèle souvent des surprises. N'ayons donc pas peur de nous tromper: prenons des décisions (quitte à revenir en arrière plusieurs années après), mettons en place des plans d'action et ne restons pas bloqués dans le débat, ne restons pas paralysés par la peur de la contestation. Le fait de se tromper et de corriger le tir permet d'apprendre de ses erreurs et d'améliorer les mesures prises. En ne se trompant pas, en n'agissant pas, on n'apprend pas, on ne s'améliore pas, on n'avance pas !

Idées pour la France:

  • ne pas oublier la troisième composante de tout débat d'idées: thèse, antithèse, SYNTHÈSE
  • mettre en place un plan d'actions qui découle de la synthèse
  • accepter que l'on puisse se tromper
  • avancer, se tromper et recommencer